Sébastien Castellion (1515-1563) Défenseur de la Tolérance et de la Liberté de conscience – histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne

 

COUVERTURE CASTELLION

 

La préface est de Samuël Tomei, docteur en histoire, auteur d’une thèse de doctorat d’histoire contemporaine sur Ferdinand Buisson (1841-1932) – Protestantisme libéral, foi laïque et radical-socialisme (prix de l’Assemblée Nationale 2004).

Le livre traite d’une histoire étonnante et contient également de nombreux textes sur Sébastien Castellion (articles des journaux de l’époque, de larges extraits de la thèse de Ferdinand Buisson et tous les discours prononcés de 1926 et 1953, bref un ensemble de textes qui traitent de la tolérance et de la liberté de conscience.

Ayant eu vent d’un projet de déplacement du monument dédié à Sébastien Castellion, à Saint-Martin-du-Fresne (Ain), Christian Buiron a poussé la curiosité en menant ses investigations sur l’érection de cette stèle. Peu de chercheurs se sont intéressés à cet homme essentiel dans l’histoire de la tolérance et de la liberté de conscience, et pourtant presque ignoré depuis le XVIe siècle. Sa curiosité aurait pu être satisfaite après la mise à jour d’un historique rempli de controverses et de débats, flétri par une dégradation en 1942 et rehaussé par une seconde inauguration en 1953. Mais c’était sans compter sur trois points mystérieux, au détour d’un article du Journal de l’Ain du 13 septembre 1926 : « Les Frères ∴ n’auront pas à se fouiller pour couvrir les frais. » Il fallait donc aller plus loin…

Derrière l’histoire de ce monument à l’aspect austère, se cache une étonnante histoire : celle de la réunion de plusieurs influences. C’est à partir d’une idée émise en 1868 par Edmond Chevrier, écrivain vraisemblablement protestant, qu’un Franc-maçon, François-Claudius Sengissen, s’est engagé en 1892 dans ce qui fut un véritable combat pendant plusieurs décennies. Il parvint à imposer ce monument grâce au précieux concours de parlementaires francs-maçons, et d’hommes politiques radicaux-socialistes. Ferdinand Buisson, auteur d’une remarquable thèse, Sébastien Castellion, sa vie et son œuvre, de passage à Bellegarde-sur-Valserine en 1911, s’est engagé de tout son poids. Agrégé de philosophie, directeur de l’enseignement primaire, il a supervisé la conception des lois sur la laïcité et a été le cofondateur et président de la Ligue des droits de l’homme. Après l’inauguration, en 1927, le prix Nobel de la paix lui sera attribué conjointement avec Ludwig Quidde. Puis Etienne Giran, président de l’Union de libres penseurs et de libres croyants, se range au côté de Buisson. Ils symbolisent le protestantisme libéral.

Francs-maçons, radicaux-socialistes et protestants réussissent en 1926 : ils se retrouvent pour rendre hommage à Sébastien Castellion dont les idées qui dénotaient en son temps, finiront par s’imposer avec la Révolution française et la République laïque.

Article la tribune républicaine 05 aout 2010

Article Le Progrès original 02 septembre 2010

Article La Voix de l'Ain 15 octobre 2010

Cette étude d’érudition locale sur l’histoire du monument de Saint­-Martin-du-Fresne permet, au travers des différents discours d’inauguration, de découvrir en Sébastien Castellion (1513-1563) un ardent défenseur de la tolérance et de la liberté de conscience. Né près de Nantua, Sébastien Castellion fit ses études à Lyon. Après s’être converti au protestantisme, il se rendit à Strasbourg en 1540. Il y fit la connaissance de Calvin. Pour lui, différentes interprétations de la Bible sont possibles, ce qui légitime un christianisme pluraliste et le refus du recours à la violence… De graves divergences concer­nant le supplice de Michel Servet qui fut jugé et brûlé à Genève pour hérésie antitrinitaire l’opposent à Calvin. Cette tragédie va amener sa rupture avec ce dernier et l’empêcher de devenir pas­teur à Genève, comme il le souhaitait. Il partit pour Bâle en 1545, où après quel­ques années difficiles (il exerça divers métiers, dont correcteur d’imprimerie), il est nommé en 1553 professeur de grec à l’Université. Castellion a beaucoup écrit dans le domaine de la pédagogie, mais aussi fait une traduction de la Bible, Ancien et Nouveau Testament, avec la volonté de s’adresser en priorité aux ignorants. Il considère que ce texte peut être interprété de différentes manières. On peut considérer qu’il est à l’origine des traductions modernes de la Bible en français courant.

Il est remarquable que cet homme de la Renaissance, précurseur humaniste soit parvenu à fédérer divers courants de pensée autour de l’érection du monument qui lui était dédié, qu’ils soient constitués de parlementaires francs-maçons, d’hommes politiques radicaux-socialistes ou de protestants. Christian Buiron nous fait le récit du difficile rendez-vous avec l’histoire et du devoir de mémoire de Sébastien Castellion, ce remarquable humaniste de la Renaissance, illustre inconnu à notre époque, heureusement ressuscité par cette étude.

Note de lecture de Irène Mainguy, parue dans La CHAÎNE D’UNION n°54 • Octobre 2010 & dans La lettre de l’Iderm.

Buiron Christian, Sébastien Castellion (1515-1563) Défenseur de la Tolérance et de la Liberté de conscience – histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne érigé par la volonté des francs-maçons, des radicaux-socialistes et des libres croyants. Editions M&G Bourg-en-Bresse (Ain) France. (ISBN 978-2-35411-025-3)

contact:  sebastien.castellion@orange.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>