La franc-maçonnerie à Trévoux De l’église à la loge

couvertute Trévoux 600

L’auteur

DSCN1539 christian buiron

Humaniste, propugnateur de la liberté de conscience, franc-maçon membre du Grand Orient de France depuis 1976, et de l’IDERM (Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques), Christian Buiron se consacre à la recherche et à l’écriture. Il est l’auteur de :

« Sébastien Castellion (1515-1563) défenseur de la tolérance et de la liberté de conscience – Histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne, érigé par la volonté des francs-maçons, des radicaux socialistes et des libres croyants. » M&G Editions – 2010 (ISBN 9782354110253)

« La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle, Des Elus et des Vrais Amis » M&G Editions – 2014. (ISBN 9782354110550)

  Le préfacier

Pascal Vesin img007

Pascal Vesin, prêtre progressiste ordonné en 1996 est entré au Grand Orient de France en 2001 ; il a toujours défendu sa liberté de penser et de conscience. Dénoncé anonymement comme franc-maçon, il a été démis de ses fonctions de prêtre en 2013 par décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi ; c’est le premier prêtre exclu parce ce qu’il a refusé de choisir entre l’Eglise et la franc-maçonnerie : inconciliable pour l’Eglise catholique ! Il est l’auteur de « Etre frère, rester père – Prêtre ou franc-maçon : pourquoi choisir ? » Presses de la Renaissance, 2014.

L’auteur et le préfacier partagent le même attachement à la liberté de conscience.

« Le travail historique de Christian Buiron et la mise en lumière de cette loge spécifique de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret nous interpellent. En dehors de tout esprit polémique, la longue et merveilleuse recherche historique de l’auteur offre à notre contemplation des hommes – des frères – qui unifient en eux ce double chemin, cette double appartenance. Loin de renier leur foi chrétienne, loin de dénaturer leur chemin initiatique, ils avancent en hommes libres et debout, honorant leur liberté de conscience dans chacune de leurs institutions. L’exemple de ces frères nous invite à une triple exigence : une relecture historique, une ouverture au dialogue, une conviction : la liberté de conscience. »

Pascal Vesin.

Une fresque bien documentée

« On ne peut écrire l’histoire de la franc-maçonnerie sans traiter du contexte historique dans lequel elle a pris naissance. Son recrutement s’étant fait dans divers milieux (corporations, confréries, clergé, artisanat, bourgeoisie etc.), et ses membres ayant joué souvent des rôles importants dans la vie de l’époque, son histoire et celle de nos provinces s’éclairent mutuellement. Ainsi la grande histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain que Christian Buiron a entreprise et dont deux volumes ont déjà paru (loges de Bourg et de Trévoux), livre au public des documents totalement inédits provenant d’archives privées et du très riche fonds conservé à la Bibliothèque nationale de France, mais donne aussi une fresque bien documentée de la société aux XVIIIe et XIXe siècles, que le public amateur d’histoire découvrira avec profit . »   

Paul Cattin, ancien directeur des Archives de l’Ain (de 1972 à 2003).

La collection « L’histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain aux XVIIIe et XIXe siècles. » « La franc-maçonnerie à Trévoux, de l’église à la loge » est le second volume de la collection ; le troisième volume « La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XIXe siècle, l’Amitié fraternelle » est annoncé pour 2015.

TREVOUX, une capitale face à LYON

Le partage de l’empire de Charlemagne en 843 place la petite ville de Trévoux en Lotharingie, face au Royaume de France. Cette position stratégique jouera un rôle déterminant dans l’évolution de la ville et fera sa fortune. Trévoux, capitale de la Principauté de Dombes (1424-1762) se dota de tous les attributs de son pouvoir : administration, justice et monnaie. L’imprimerie joua un rôle important à Trévoux dès le début du XVIIe siècle. Le Parlement, aussi dénommé Conseil souverain de Dombes, fut translaté à Trévoux sur ordre de Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine ; il fut supprimé en 1771 et Trévoux « se vit dépouillé du titre d’honneur qui l’égalait aux villes les plus importantes de France ». La perte de ses privilèges, puis son rattachement au département de l’Ain après la Révolution française, replaceront Trévoux dans l’anonymat d’une petite ville de province.

La religion tenait une place particulièrement importante à Trévoux ; plusieurs religieux étaient membres de la loge maçonnique de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret. C’est dans cette ville de Trévoux, florissante, très catholique, que la Loge allait être créée en 1765 par neuf frères. Le premier frère initié est le chanoine de Trévoux, Jean-Claude Bracquier, et les profanes qui sont proposés puis admis sont tous « de religion catholique, apostolique et romaine ».

La grande messe pour le Dauphin de France

Le 25 février 1766, le Vénérable Chandelon signala à la Loge que Mgr le Dauphin était franc-maçon, et qu’il conviendrait « de faire faire un service religieux pour le repos de son âme ». Les francs-maçons érigèrent un mausolée maçonnique dans l’église et célébrèrent une grande messe où presque toute la ville de Trévoux assista. Ce jour-là, toutes les pensées allaient à Louis Ferdinand de France, à son père Louis XV, et aux trois enfants du Dauphin qui plus tard ont été Rois de France : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

La vie de la loge

Le fait religieux est très présent chez les francs-maçons de Trévoux, qui célèbrent de nombreuses messes et vont aux offices avant les Tenues ; plusieurs sont membres de la Confrérie des Pénitents Blancs. Les Loges d’instruction sont rythmées par le rituel maçonnique et par des discours qui traitent des hautes valeurs morales qu’ils doivent promouvoir : l’honnêteté, la générosité, la bienveillance, le souci de l’autre, l’harmonie nécessaire à la vie en société. La Loge se développe dans un climat de sérénité jusqu’à la Révolution française avec quelques périodes d’interruption. Début 1789, les frères signalèrent que la plupart d’entre eux ont été occupés par les affaires de la province. Quelques frères furent inquiétés pendant la période révolutionnaire, incarcérés puis libérés. La Loge rentra en sommeil pendant vingt-sept années.

En 1817, quelques anciens membres de la Loge décidèrent de la réveiller. Les discours du début du XIXe siècle prononcés à la reprise des travaux livrent de précieuses indications sur les valeurs maçonniques: la fidélité et l’obéissance au gouvernement, le respect de la religion, l’amour et le secours aux autres hommes, l’observation scrupuleuse de tous les devoirs d’un bon citoyen. La justice, la protection des plus faibles, la solidarité, les devoirs envers soi-même, envers les autres hommes et l’humanité, la recherche du bonheur et de l’harmonie, la volonté de répandre dans le monde profane l’exemple des vertus pratiquées en loge sont les préoccupations des frères de la loge.

La création de la loge L’Amitié fraternelle à Bourg-en-Bresse

Les deux loges bressanes avaient été emportées par la Révolution française et la tentative de reprise des travaux de la loge de Saint-Jean Des Elus en 1811 échoua. Le 21 janvier 1828, plusieurs frères décidèrent de fonder une nouvelle loge avec le titre distinctif L’Amitié fraternelle, dont l’installation solennelle fut conduite par la loge La Sincérité et Le Secret le 15 mars 1829.

La règle limitant le nombre de frères à dix-huit, le recrutement de profanes « de religion catholique, apostolique et romaine » exclusivement, et la proximité avec les villes de Lyon et Villefranche sur Saône n’ont pas permis à la Loge de Saint-Jean de La Sincérité et du Secret de se développer et de survivre.

scan le Progrès

 Le Progrès, samedi 03 janvier 2015.

« La franc-maçonnerie à Trévoux De l’église à la loge », Aderm éditions, 2014 (ISBN  9782953859201)

Diffusion Aderm:  contact.aderm@orange.fr