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La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse, en loge et dans la cité

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La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse

 

Christian Buiron, humaniste, propugnateur de la liberté de conscience travaille sur l’œuvre de Sébastien Castellion, le penseur du XVIe siècle auquel il a consacré trois ouvrages, et sur l’histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain dont les deux premiers volumes ont déjà paru.

La franc-maçonnerie dans l’Ain au XVIIIe siècle – Des Élus & Des Vrais Amis relate l’histoire des premières loges maçonniques de Bourg-en-Bresse de 1759 à 1811. Le deuxième volume La franc-maçonnerie à Trévoux – De l’église à la loge dévoile la vie de la loge De la Sincérité et Du Secret au XVIIIe siècle.

 Le livre La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse – En loge et dans la cité, est consacré à l’histoire de la franc-maçonnerie au XIXe siècle, précédée d’un aperçu des débuts de l’histoire maçonnique. De la moitié du XVIIIe siècle jusqu’aux années après la Première guerre mondiale, ce troisième volume visite la riche histoire de la loge burgienne L’Amitié fraternelle.

Au XVIIIe siècle, de nombreux religieux fréquentent les loges burgiennes malgré les excommunications papales, puis, avec la Révolution française, les hommes d’église se font plus rares. L’étude des relations avec l’Église catholique aux XIXe et XXe siècles apporte un éclairage sur des idées reçues et bien ancrées dans l’imaginaire collectif. Cette fresque de l’histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain entraîne le lecteur du début du XVIIIe siècle, en traversant la Révolution française, le Consulat et l’Empire, la Monarchie constitutionnelle, le IIe République, le Second Empire, pour arriver à la IIIe République, avec les combats des frères burgiens pour une société plus juste et plus éclairée. Les perquisitions des forces de police et de gendarmerie, assistées d’un détachement d’infanterie, la fermeture de la loge, les tracas de toute sorte n’empêchent pas les frères de combattre avec ardeur et détermination.

Les francs-maçons bressans sont présents dans la cité. Ils professent leurs idéaux, s’intéressent à l’éducation et à l’instruction, ouvrent des écoles, des crèches, luttent contre la guerre, proposent des mesures économiques. Ils mettent en pratique leurs principes humanistes de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité. Républicains, ardents défenseurs de la laïcité, ils sont de toutes les luttes pour le progrès de l’humanité et la construction de la République.

Edité par ADERM

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La franc-maçonnerie à Trévoux De l’église à la loge

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L’auteur

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Humaniste, propugnateur de la liberté de conscience, franc-maçon membre du Grand Orient de France depuis 1976, et de l’IDERM (Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques), Christian Buiron se consacre à la recherche et à l’écriture. Il est l’auteur de :

« Sébastien Castellion (1515-1563) défenseur de la tolérance et de la liberté de conscience – Histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne, érigé par la volonté des francs-maçons, des radicaux socialistes et des libres croyants. » M&G Editions – 2010 (ISBN 9782354110253)

« La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle, Des Elus et des Vrais Amis » M&G Editions – 2014. (ISBN 9782354110550)

  Le préfacier

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Pascal Vesin, prêtre progressiste ordonné en 1996 est entré au Grand Orient de France en 2001 ; il a toujours défendu sa liberté de penser et de conscience. Dénoncé anonymement comme franc-maçon, il a été démis de ses fonctions de prêtre en 2013 par décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi ; c’est le premier prêtre exclu parce ce qu’il a refusé de choisir entre l’Eglise et la franc-maçonnerie : inconciliable pour l’Eglise catholique ! Il est l’auteur de « Etre frère, rester père – Prêtre ou franc-maçon : pourquoi choisir ? » Presses de la Renaissance, 2014.

L’auteur et le préfacier partagent le même attachement à la liberté de conscience.

« Le travail historique de Christian Buiron et la mise en lumière de cette loge spécifique de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret nous interpellent. En dehors de tout esprit polémique, la longue et merveilleuse recherche historique de l’auteur offre à notre contemplation des hommes – des frères – qui unifient en eux ce double chemin, cette double appartenance. Loin de renier leur foi chrétienne, loin de dénaturer leur chemin initiatique, ils avancent en hommes libres et debout, honorant leur liberté de conscience dans chacune de leurs institutions. L’exemple de ces frères nous invite à une triple exigence : une relecture historique, une ouverture au dialogue, une conviction : la liberté de conscience. »

Pascal Vesin.

Une fresque bien documentée

« On ne peut écrire l’histoire de la franc-maçonnerie sans traiter du contexte historique dans lequel elle a pris naissance. Son recrutement s’étant fait dans divers milieux (corporations, confréries, clergé, artisanat, bourgeoisie etc.), et ses membres ayant joué souvent des rôles importants dans la vie de l’époque, son histoire et celle de nos provinces s’éclairent mutuellement. Ainsi la grande histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain que Christian Buiron a entreprise et dont deux volumes ont déjà paru (loges de Bourg et de Trévoux), livre au public des documents totalement inédits provenant d’archives privées et du très riche fonds conservé à la Bibliothèque nationale de France, mais donne aussi une fresque bien documentée de la société aux XVIIIe et XIXe siècles, que le public amateur d’histoire découvrira avec profit . »   

Paul Cattin, ancien directeur des Archives de l’Ain (de 1972 à 2003).

La collection « L’histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain aux XVIIIe et XIXe siècles. » « La franc-maçonnerie à Trévoux, de l’église à la loge » est le second volume de la collection ; le troisième volume « La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XIXe siècle, l’Amitié fraternelle » est annoncé pour 2015.

TREVOUX, une capitale face à LYON

Le partage de l’empire de Charlemagne en 843 place la petite ville de Trévoux en Lotharingie, face au Royaume de France. Cette position stratégique jouera un rôle déterminant dans l’évolution de la ville et fera sa fortune. Trévoux, capitale de la Principauté de Dombes (1424-1762) se dota de tous les attributs de son pouvoir : administration, justice et monnaie. L’imprimerie joua un rôle important à Trévoux dès le début du XVIIe siècle. Le Parlement, aussi dénommé Conseil souverain de Dombes, fut translaté à Trévoux sur ordre de Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine ; il fut supprimé en 1771 et Trévoux « se vit dépouillé du titre d’honneur qui l’égalait aux villes les plus importantes de France ». La perte de ses privilèges, puis son rattachement au département de l’Ain après la Révolution française, replaceront Trévoux dans l’anonymat d’une petite ville de province.

La religion tenait une place particulièrement importante à Trévoux ; plusieurs religieux étaient membres de la loge maçonnique de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret. C’est dans cette ville de Trévoux, florissante, très catholique, que la Loge allait être créée en 1765 par neuf frères. Le premier frère initié est le chanoine de Trévoux, Jean-Claude Bracquier, et les profanes qui sont proposés puis admis sont tous « de religion catholique, apostolique et romaine ».

La grande messe pour le Dauphin de France

Le 25 février 1766, le Vénérable Chandelon signala à la Loge que Mgr le Dauphin était franc-maçon, et qu’il conviendrait « de faire faire un service religieux pour le repos de son âme ». Les francs-maçons érigèrent un mausolée maçonnique dans l’église et célébrèrent une grande messe où presque toute la ville de Trévoux assista. Ce jour-là, toutes les pensées allaient à Louis Ferdinand de France, à son père Louis XV, et aux trois enfants du Dauphin qui plus tard ont été Rois de France : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

La vie de la loge

Le fait religieux est très présent chez les francs-maçons de Trévoux, qui célèbrent de nombreuses messes et vont aux offices avant les Tenues ; plusieurs sont membres de la Confrérie des Pénitents Blancs. Les Loges d’instruction sont rythmées par le rituel maçonnique et par des discours qui traitent des hautes valeurs morales qu’ils doivent promouvoir : l’honnêteté, la générosité, la bienveillance, le souci de l’autre, l’harmonie nécessaire à la vie en société. La Loge se développe dans un climat de sérénité jusqu’à la Révolution française avec quelques périodes d’interruption. Début 1789, les frères signalèrent que la plupart d’entre eux ont été occupés par les affaires de la province. Quelques frères furent inquiétés pendant la période révolutionnaire, incarcérés puis libérés. La Loge rentra en sommeil pendant vingt-sept années.

En 1817, quelques anciens membres de la Loge décidèrent de la réveiller. Les discours du début du XIXe siècle prononcés à la reprise des travaux livrent de précieuses indications sur les valeurs maçonniques: la fidélité et l’obéissance au gouvernement, le respect de la religion, l’amour et le secours aux autres hommes, l’observation scrupuleuse de tous les devoirs d’un bon citoyen. La justice, la protection des plus faibles, la solidarité, les devoirs envers soi-même, envers les autres hommes et l’humanité, la recherche du bonheur et de l’harmonie, la volonté de répandre dans le monde profane l’exemple des vertus pratiquées en loge sont les préoccupations des frères de la loge.

La création de la loge L’Amitié fraternelle à Bourg-en-Bresse

Les deux loges bressanes avaient été emportées par la Révolution française et la tentative de reprise des travaux de la loge de Saint-Jean Des Elus en 1811 échoua. Le 21 janvier 1828, plusieurs frères décidèrent de fonder une nouvelle loge avec le titre distinctif L’Amitié fraternelle, dont l’installation solennelle fut conduite par la loge La Sincérité et Le Secret le 15 mars 1829.

La règle limitant le nombre de frères à dix-huit, le recrutement de profanes « de religion catholique, apostolique et romaine » exclusivement, et la proximité avec les villes de Lyon et Villefranche sur Saône n’ont pas permis à la Loge de Saint-Jean de La Sincérité et du Secret de se développer et de survivre.

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 Le Progrès, samedi 03 janvier 2015.

« La franc-maçonnerie à Trévoux De l’église à la loge », Aderm éditions, 2014 (ISBN  9782953859201)

Diffusion Aderm:  contact.aderm@orange.fr

Aperçu historico-philosophique sur la Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse

Aperçu

Aperçu historico-philosophique sur la Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse

Les « mystères » de la Franc-Maçonnerie suscitent aujourd’hui comme hier, des écrits trop souvent fantaisistes ou partisans aussi faut-il se réjouir de la multiplication depuis quelques années des études historiques dignes de ce nom. L’histoire parce qu’elle constitue la mémoire de l’humanité ne manque pas d’expliquer notre présent dont seule la connaissance permet de poursuivre l’éternel combat pour la justice et la liberté d’où l’intérêt incontestable de l’étude menée par Christian Buiron et J.M. sur la Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse.

Depuis la fondation en 1759 de la respectable Loge « Saint-Jean Des Elus » que présente l’illustre astronome Jérôme Lalande à la situation maçonnique d’aujourd’hui, il est émouvant mais aussi important de savoir que des hommes ont constamment maintenu en pays bressan les principes capitaux de notre Ordre. L’installation en 1829 d’un nouvel Atelier  » l’Amitié fraternelle » à l’Orient de Bourg-en-Bresse, le premier n’ayant pas survécu à l’Empire, est l’occasion d’un nouvel essor de la Maçonnerie dans le département de l’Ain. Nombre de Frères qui la composent, ne sépareront pas la construction du Temple intérieur de celui du Temple extérieur : aussi seront-ils de toutes les luttes qui favorisent l’amélioration de la condition intellectuelle et sociale de leurs contemporains.

En 1830 comme en 1840 puis à l’avènement de la 3e République, si l’idéal qui les anime leur vaut parfois d’être qualifiés d’individus dangereux par les tenants des pouvoirs en place, leur histoire témoigne qu’ils ont l’intention d’organiser la justice : « Tant que chacun n’a pas le nécessaire, nul n’a droit au superflu observe le Vénérable de la Loge de Bourg-en-Bresse en 1853.

Aussi les voit-on, conspirateurs du bien public, contribuer au développement de l’esprit démocratique, à la création de l’école laïque et à la naissance de la Ligue des Droits de l’Homme. Nombre d’entre eux militent dans les rangs des partis républicains à l’instar du frère Pochon, membre du Parti radical, président du Conseil général de l’Ain puis sénateur et 33e membre du Conseil de l’Ordre du GODF.

C’est dire l’intérêt d’un tel ouvrage qui montre comment l’enseignement maçonnique propose des valeurs clés dont on ne peut se passer pour vivre harmonieusement et qui engagent dans la cité l’initié à devenir véritablement ce constructeur obstiné, lucide et fraternel qui sait que le progrès est aussi dans sa petite patrie à l’échelle de l’aventure humaine.

Note de lecture de Jean Caruel, Humanisme Revue des Francs-Maçons du Grand orient de France, N° 127, février 1979, p. 119.

Christian Buiron et J.M., Aperçu historico-philosophique sur la Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse, Cercle philosophique et culturel Jérôme Lalande, Bourg-en-Bresse, 1978.

Contact:  contact.aderm@orange.fr

La Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse au 18e siècle Des Elus et Des Vrais Amis

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Le début d’une collection

Durant trente-cinq années à rechercher, à fréquenter les archives, les bibliothèques, à dénicher le document qui apporte une précision, aussi minime soit-elle, Christian Buiron a recueilli une masse considérable d’archives inconnues ; son projet de publier l’histoire de la Franc-Maçonnerie dans l’Ain est parvenu à la phase de l’édition. « La Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse Des Elus et Des Vrais Amis » est le premier livre d’une collection qui couvrira les XVIIIe et XIXe siècles.

Un devoir de vérité

 Après un examen sans concession des rares ouvrages et des quelques articles sur la Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle, l’auteur s’est attaché à faire preuve d’un esprit critique et d’une exigence morale indispensables au regard des affirmateurs sans preuve et des « recopieurs ». Cette histoire est écrite à partir des documents répertoriés et archives personnelles réunies depuis près de 40 ans.

Ce qui est fâcheux n’a pas été occulté, au risque d’écorner les belles images bâties sur des fondations bien peu solides : le rôle très idéalisé de Lalande dans la Franc-Maçonnerie locale, la réalité des loges, leur composition, les querelles, la triste fin de la loge Des Elus.

Rien n’a été caché, même quand tout ne se passe pas en fraternité. Les Francs-Maçons sont des hommes, rien que des hommes. Ainsi faut-il décrypter cette histoire des deux loges burgiennes du XVIIIe siècle, qui est beaucoup plus riche qu’une simple lecture, aussi critique soit-elle, pourrait le laisser penser.

La Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle

Les premiers Francs-Maçons se réunissent (peut-être dès 1759) au sein de la Loge de Saint-Jean Des Élus en 1768. La Loge vit paisiblement lorsqu’en juillet 1774, un groupe de Frères quitte la Loge, laissant les autres dans un abattement qui laissait présager l’extinction de la Loge. Ce grave problème interne fut surmonté, peut-être avec l’intervention de Lalande, même si quatre ans plus tard dans une correspondance de 1778, il est fait état d’une Loge nouvellement établie à Bourg en Bresse par le Directoire Écossais de Lyon.

La Loge de Saint-Jean Des Élus se développe jusque dans les années 1780 mais en 1783 de nouveaux problèmes surgissent. Une Loge de Saint-Jean Édouard est évoquée: c’est une nouvelle Loge qui allume ses feux sous le titre distinctif de Saint-Jean Des Vrais Amis. Très rapidement les Frères de la première Loge se proposent de fraterniser avec ceux de la Loge nouvellement établie. Les deux Loges burgiennes vont se développer jusqu’à la Révolution. Saint-Jean Des Élus compte une soixantaine de membres en 1783 grâce à un recrutement peu exigeant; de nombreux artisans et négociants font leur entrée en Loge. Saint-Jean Des Vrais Amis se développe aussi rapidement au point de doubler son effectif en trois ans, en respectant sa composition initiale de professions socialement élevées. Il y a une centaine de Francs-Maçons dans les Loges burgiennes à la veille de la Révolution. Habitués aux échanges en toute liberté dans les Loges, les Frères, quelles que soient leurs origines, professions ou fortune, avaient progressé ensemble et c’est naturellement qu’en conscience, ils prirent leur place dans la vie de la cité, et en particulier durant la période révolutionnaire. Le besoin de liberté, d’égalité et de justice correspondait aux valeurs prônées en Loge, et on retrouve de nombreux Francs-Maçons dans les différentes instances de la cité. Beaucoup de Frères sont acteurs de la Révolution jusqu’à la Terreur, avant d’en être les victimes. Certains ont eu des rôles de premier plan, comme Charles Marie Nicolas Reydellet, Pierre Antoine Buget, le prêtre Claude Marie Groscassand-Dorimond, et Jacques Benoît Chambre; d’autres y laissèrent leur tête, comme Jean-Marie Legrand et Jean-François Vuy. D’autres restent distants, comme le baron Cardon de Sandrans ou Jérôme Lalande. Le Frère Groscassand-Dorimond, prêtre à Treffort, a fait preuve d’une présence impressionnante dans la gestion des affaires du département et dans celles du clergé. Les idéaux maçonniques priment sur les comportements de classe; les Frères, quelles que soient leurs origines, sont très attachés aux idées de progrès de la société. Les Frères religieux de Bourg, Belley, Châtillon et Treffort s’impliquent dans ce mouvement révolutionnaire. Il faut attendre fin 1810 pour que des Francs-Maçons de Bourg-en-Bresse tentent de reprendre leurs travaux interrompus depuis 1789, mais à peine les démarches entreprises auprès du Grand Orient de France, « l’affaire Broutet » éclate.

Les Frères sont peu nombreux et la Révolution a laissé des traces. Depuis plus de vingt ans, il n’y a pas eu de Tenues maçonniques. Les frères ont perdu l’habitude de travailler ensemble, ils ont oublié les « fondamentaux» de la Franc-Maçonnerie. Le Grand Orient de France n’eut d’autre choix que de laisser la Franc-Maçonnerie s’éteindre à Bourg-en-Bresse en 181l.

Mais « l’acacia refleurira» quelques années plus tard.

Le progrès

Toute parution d’une monographie de loge basée sur des recherches solides est un précieux témoignage pour faire progresser la recherche historique. Christian Buiron présente ici une étude sérieuse basée sur vingt ans de collecte d’archives. Il place l’histoire de Bourg-en-Bresse dans le contexte social, religieux et politique de son époque. L’auteur rappelle la place de chacun des maçons dans l’histoire de cette ville au XVIIIe siècle et rapproche systématiquement les étapes successives de la vie des deux loges Saint-Jean Des Elus et Des Vrais Amis. Cette recherche permet de faire des découvertes inattendues, notamment à partir de 1784 où il existe une loge travaillant au Rite Ecossais Rectifié. A la veille de la Révolution, il y a une centaine de francs-maçons, pour la plupart des notables, dans les loges burgiennes. Beaucoup furent acteurs de la Révolution jusqu’à la Terreur avant d’en être les victimes. Une longue période va s’écouler, de 1789 à 1810, avant que les Francs-Maçons de Bourg-en-Bresse essaient de reprendre leurs travaux. Depuis plus de vingt ans, il n’y a pas eu d’activités maçonniques. Les francs-maçons ont oublié les « fondements » de l’Ordre, ne parvenant plus à travailler ensemble. La Franc-Maçonnerie finit par s’éteindre localement en 1811. Un peu plus tard, une nouvelle page d’histoire va s’écrire. C’est ce que le lecteur découvrira dans une deuxième étude en préparation. De nombreuses annexes d documents d’archives complètent le présent volume enrichi d’un précieux index.

Note de lecture de Irène Mainguy, La Lettre de l’IDERM, Institut d’Etudes et de recherches Maçonniques du GODF, N° 2014-5, mai 2014 & La Chaîne d’Union,  N°70,  octobre 2014.

« La Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse au 18e siècle Des Elus et Des Vrais Amis », M&G Editions, 2014, (ISBN 9782354110550)

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Sébastien Castellion (1515-1563) Défenseur de la Tolérance et de la Liberté de conscience – histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne

 

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La préface est de Samuël Tomei, docteur en histoire, auteur d’une thèse de doctorat d’histoire contemporaine sur Ferdinand Buisson (1841-1932) – Protestantisme libéral, foi laïque et radical-socialisme (prix de l’Assemblée Nationale 2004).

Le livre traite d’une histoire étonnante et contient également de nombreux textes sur Sébastien Castellion (articles des journaux de l’époque, de larges extraits de la thèse de Ferdinand Buisson et tous les discours prononcés de 1926 et 1953, bref un ensemble de textes qui traitent de la tolérance et de la liberté de conscience.

Ayant eu vent d’un projet de déplacement du monument dédié à Sébastien Castellion, à Saint-Martin-du-Fresne (Ain), Christian Buiron a poussé la curiosité en menant ses investigations sur l’érection de cette stèle. Peu de chercheurs se sont intéressés à cet homme essentiel dans l’histoire de la tolérance et de la liberté de conscience, et pourtant presque ignoré depuis le XVIe siècle. Sa curiosité aurait pu être satisfaite après la mise à jour d’un historique rempli de controverses et de débats, flétri par une dégradation en 1942 et rehaussé par une seconde inauguration en 1953. Mais c’était sans compter sur trois points mystérieux, au détour d’un article du Journal de l’Ain du 13 septembre 1926 : « Les Frères ∴ n’auront pas à se fouiller pour couvrir les frais. » Il fallait donc aller plus loin…

Derrière l’histoire de ce monument à l’aspect austère, se cache une étonnante histoire : celle de la réunion de plusieurs influences. C’est à partir d’une idée émise en 1868 par Edmond Chevrier, écrivain vraisemblablement protestant, qu’un Franc-maçon, François-Claudius Sengissen, s’est engagé en 1892 dans ce qui fut un véritable combat pendant plusieurs décennies. Il parvint à imposer ce monument grâce au précieux concours de parlementaires francs-maçons, et d’hommes politiques radicaux-socialistes. Ferdinand Buisson, auteur d’une remarquable thèse, Sébastien Castellion, sa vie et son œuvre, de passage à Bellegarde-sur-Valserine en 1911, s’est engagé de tout son poids. Agrégé de philosophie, directeur de l’enseignement primaire, il a supervisé la conception des lois sur la laïcité et a été le cofondateur et président de la Ligue des droits de l’homme. Après l’inauguration, en 1927, le prix Nobel de la paix lui sera attribué conjointement avec Ludwig Quidde. Puis Etienne Giran, président de l’Union de libres penseurs et de libres croyants, se range au côté de Buisson. Ils symbolisent le protestantisme libéral.

Francs-maçons, radicaux-socialistes et protestants réussissent en 1926 : ils se retrouvent pour rendre hommage à Sébastien Castellion dont les idées qui dénotaient en son temps, finiront par s’imposer avec la Révolution française et la République laïque.

Article la tribune républicaine 05 aout 2010

Article Le Progrès original 02 septembre 2010

Article La Voix de l'Ain 15 octobre 2010

Cette étude d’érudition locale sur l’histoire du monument de Saint­-Martin-du-Fresne permet, au travers des différents discours d’inauguration, de découvrir en Sébastien Castellion (1513-1563) un ardent défenseur de la tolérance et de la liberté de conscience. Né près de Nantua, Sébastien Castellion fit ses études à Lyon. Après s’être converti au protestantisme, il se rendit à Strasbourg en 1540. Il y fit la connaissance de Calvin. Pour lui, différentes interprétations de la Bible sont possibles, ce qui légitime un christianisme pluraliste et le refus du recours à la violence… De graves divergences concer­nant le supplice de Michel Servet qui fut jugé et brûlé à Genève pour hérésie antitrinitaire l’opposent à Calvin. Cette tragédie va amener sa rupture avec ce dernier et l’empêcher de devenir pas­teur à Genève, comme il le souhaitait. Il partit pour Bâle en 1545, où après quel­ques années difficiles (il exerça divers métiers, dont correcteur d’imprimerie), il est nommé en 1553 professeur de grec à l’Université. Castellion a beaucoup écrit dans le domaine de la pédagogie, mais aussi fait une traduction de la Bible, Ancien et Nouveau Testament, avec la volonté de s’adresser en priorité aux ignorants. Il considère que ce texte peut être interprété de différentes manières. On peut considérer qu’il est à l’origine des traductions modernes de la Bible en français courant.

Il est remarquable que cet homme de la Renaissance, précurseur humaniste soit parvenu à fédérer divers courants de pensée autour de l’érection du monument qui lui était dédié, qu’ils soient constitués de parlementaires francs-maçons, d’hommes politiques radicaux-socialistes ou de protestants. Christian Buiron nous fait le récit du difficile rendez-vous avec l’histoire et du devoir de mémoire de Sébastien Castellion, ce remarquable humaniste de la Renaissance, illustre inconnu à notre époque, heureusement ressuscité par cette étude.

Note de lecture de Irène Mainguy, parue dans La CHAÎNE D’UNION n°54 • Octobre 2010 & dans La lettre de l’Iderm.

Buiron Christian, Sébastien Castellion (1515-1563) Défenseur de la Tolérance et de la Liberté de conscience – histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne érigé par la volonté des francs-maçons, des radicaux-socialistes et des libres croyants. Editions M&G Bourg-en-Bresse (Ain) France. (ISBN 978-2-35411-025-3)

contact:  sebastien.castellion@orange.fr