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La franc-maçonnerie à Trévoux, note de lecture

Note de lecture de Jack Chaboud.

« La franc-maçonnerie à Trévoux de l’église à la loge », collection « Histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain aux XVIIIe et XIXe siècles», par Christian Buiron. Préface de Pascal Vésin. 343 pages. 20 €. Edition ADERM.

 Auteur de « Sébastien Castellion, défenseur de la tolérance et de la liberté de conscience, histoire du monument de Saint-Martin-du-Fresne » en 2010, et de « La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle Des Élus et des Vrais Amis » parus chez M & G Editions en 2010 et 2014, Christian Buiron a entrepris un travail de « Bénédictin » laïc, en collationnant et recoupant archives maçonniques, privées, et documents de la Bibliothèque nationale de France, pour reconstituer l’histoire de la maçonnerie dans l’Ain au cours de ses deux premiers siècles d’existence. Au-delà, il découvre un pan de l’Histoire de France, car c’est la vie de cette époque qu’il fait ressurgir au travers des métiers, des croyances, des événements politiques et sociaux.

En préambule de son ouvrage, Christian Buiron rappelle la position brillante occupée par la région jusqu’au XVIIIe siècle : principauté de Dombes de 1424 à 1762, dont la capitale, Trévoux, était dotée d’un parlement, et riche de plusieurs imprimeries : on sait quel rôle premier a joué l’imprimerie dans la production et la diffusion des idées jusqu’au XXe siècle. Après la Révolution, Trévoux perdra ses privilèges pour devenir une petite ville de Province, bientôt supplantée par Bourg-en-Bresse.

Mais c’est bien à Trévoux que naquit en 1765 la loge de Saint Jean de la Sincérité et du Secret. Elle sera membre de la Grande Loge des Maîtres Réguliers, puis de la Grande Loge Provinciale, fondées à l’initiative de Jean-Baptiste Willermoz.

La variété des métiers et origines sociales des membres de la loge est assez étonnante, ce qui n’est pas le cas sur le plan religieux : tous les frères sont catholiques, parmi eux plusieurs sont ecclésiastiques, dont le chanoine de la cité, et certains sont membres des Pénitents blancs.

De la naissance de la loge à sa disparition au début du XIXe siècle, l’auteur nous fait vivre la vie quotidienne de ces frères, avec la parenthèse révolutionnaire et la mise en sommeil des activités maçonniques, la renaissance en 1817 pour une décennie.

En 1828, les frères de Trévoux installent un nouvel atelier « L’Amitié fraternelle » à l’Orient de Bourg-en-Bresse, tandis que le destin de leur loge sera contrarié par la proximité de Lyon et Villefranche sur Saône, et par la nouvelle donne religieuse, politique et sociale.

Dans la tradition des maîtres imprimeurs régionaux, ce bel ouvrage, est aussi un livre passionnant pour qui sait se plonger dans l’histoire du mouvement maçonnique, pour cette période de bouleversements profonds de notre pays, et pour les réponses apportées par ces frères à l’évolution de la maçonnerie.

Une pierre bien taillée posée dans l’édifice éditorial et historique de la maçonnerie régionale française.

La lettre de l’IDERM – avril 2015

Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques du GODF

La franc-maçonnerie à Trévoux de l’église à la loge par Christian Buiron, Préface de Pascal Vesin, Ed. Aderm, 2014, 344 p. 20 €.

Dans ce deuxième volume, après avoir dépouillé systématiquement les archives, Christian Buiron, relate la vie de la loge de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret. Il s’attache à une rigoureuse objectivité des faits, ce qui permet de s’approcher au plus près de la réalité historique. Dans sa préface, Pascal Vesin, ordonné prêtre en 1996 puis excommunié pour son appartenance à la franc-maçonnerie en 2013, souligne que la loge de Trévoux, au XVIIIe siècle, n’était composée que de frères professant la religion catholique, apostolique et romaine. Le premier frère initié en est le chanoine de Trévoux. A cette époque être religieux et franc-maçon ne posait aucun problème. Christian Buiron place cette loge dans son contexte sociologique. La règle limitant le nombre de ses membres à dix-huit et le recrutement de profanes devant être exclusivement « de religion catholique, apostolique et romaine », la proximité avec les villes de Lyon et de Villefranche sur Saône n’ont pas permis à cette loge fondée en 1765, de se développer et de survivre au-delà de 1829. A la suite de cet historique, la seconde partie du livre est composée de documents d’archives du plus grand intérêt et se termine par un index. Cette étude est un témoignage de première importance sur l’évolution de la franc-maçonnerie dans l’Ain.  (I. Mainguy)