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La franc-maçonnerie à Trévoux – De l’église à la loge

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La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse – En loge et dans la cité

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La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle – Des Elus et Des Vrais Amis

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Sébastien Castellion penseur de la tolérance et de la liberté de conscience

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Sébastien Castellion à Saint-Martin-du-Fresne (1515-2015)

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La lettre de l’IDERM n° 2017-2 février 2017

La franc-maçonnerie à Bourg-en-Bresse en loge et dans la cité

par Christian Buiron, Ed. Aderm, 2017, 388 p.

Cette troisième étude de Christian Buiron sur la région de Bourg-en-Bresse expose l’histoire de la franc-maçonnerie au XIXe siècle au travers de la loge L’Amitié fraternelle. Cet historique est précédé d’un aperçu des débuts de l’histoire maçonnique. Elle témoigne de la diversité sociale de ses membres et de leur présence dans la cité, de leur intérêt pour l’éducation et l’instruction. Selon son habitude, l’auteur demeure fidèle au « devoir de vérité » de l’historien, se défiant des belles légendes locales et des fausses appartenances.

Humanisme N° 312, août 2016, Livres

 

Humanisme, N° 312, août 2016, pp. 120-121.

Livres

SEBASTIEN CASTELLION

Penseur de la tolérance & de la liberté de conscience

Christian Buiron avec le concours de Samuël Tomei. Editions Théolib 2015, collection Libres pensées protestantes, 158 p. 8 €.

Sébastien Castellion est considéré comme « l’apôtre » de « la tolérance et de la liberté de conscience, tant dans l’Église que dans l’État ». Il y a 450 ans, il a combattu le fanatisme religieux avec acharnement et intelligence.

Signe de son temps (il naquit en 1515 et disparut en 1563), ses écrits ne furent pas appréciés ni compris à leur juste valeur de son vivant.

Signe des temps, l’homme et ses textes étaient quasiment oubliés jusqu’à ce que Ferdinand Buisson, en 1891, leur redonne force et vigueur en leur consacrant une thèse de près de mille pages.

Aujourd’hui Christian Buiron et Samuel Tomeï nous invitent à découvrir, dans un format plus accessible au grand public, la vie et l’œuvre de « L’humaniste, le traducteur, l’écrivain, le pédagogue, le défenseur de la liberté de conscience, le partisan de la séparation des pouvoirs temporels et spirituels ».

Malgré l’oubli relatif dont il fut l’objet, la pensée de Castellion irriguera pourtant la cause de la tolérance. Montaigne, le premier, lui rend hommage dans Les Essais, regrettant qu’il meure « en état de n’avoir pas son saoul à manger ». Milton et Michelet seront influencés eux aussi par cette pensée originale et fondatrice.

Sébastien Castellion poursuit ses études à Lyon, où il côtoie les milieux lettrés. Se convertissant au protestantisme, il rejoint Calvin, le réformateur, à Strasbourg puis à Genève. Mais les relations entre les deux hommes vont se détériorer. Castellion ne se présentant pas comme un disciple de Calvin, mais comme un penseur à part entière. Le conflit prend une telle ampleur que ce dernier l’empêche de devenir pasteur. Il s’installe alors à Bâle, ou après quelques années professionnelles difficiles, (Castellion est correcteur d’imprimerie), il est nommé professeur de grec à l’université. Pédagogue, il invente des saynètes que jouent les enfants pour apprendre le latin et le grec.

C’est la mise à mort en 1553, de Michel Servet (à l’instigation de Calvin), accompagnée de la destruction de ses écrits, qui va sceller irrémédiablement les divergences entre Calvin et Castellion. Sébastien s’indigne : « On ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle » écrit-il. Il est révolté que les Réformés appliquent les mêmes méthodes violentes que les catholiques qu’ils dénoncent ! « Pour Castellion, la torture et le bûcher sont des actes inhumains, et l’inhumain n’est pas Dieu ; il oppose la douceur à la violence, et tente d’éviter à la Réforme d’être souillée de sang » souligne parfaitement Christian Buiron.

L’opposition à « la dictature spirituelle de Calvin », selon la formule de Thomas Mann, sera définitive et permanente. Il publie, dès l’année suivante, sous le pseudonyme de Martin Bellie, le Traité des hérétiques. Le latin bellum signifiant guerre. On parle alors « d’hérésie bellianiste ».

Il publie en 1555 une traduction de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, avec des méthodes novatrices. Il s’interroge sur l’obscurité de certains passages, et pose la question d’une interprétation plurielle. Voulant que les ignorants, les « gueux » accèdent également à ce texte sacré, il utilise le langage populaire. Sa traduction fait l’effet d’une bombe. Ses écrits sont condamnés par les catholiques et par la plupart des protestants. Cette traduction de la Bible a été rééditée en 2005 chez Bayard.

En 1936, Stephan Zweig relate la « bataille » entre Calvin et Castellion dans un ouvrage au titre évocateur : « Conscience contre la violence ».

Sébastien Castellion meurt à 48 ans, épuisé par son combat contre les zélateurs calvinistes. Il avait prémonitoirement écrit cette phrase : « Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme ».

Laissons la parole à Ferdinand Buisson : « Enseigner avec cette force, non seulement la tolérance, mais le respect de la conscience, en plein XVIe siècle, à la fois contre les catholiques et contre les protestants, s’était devancer le temps, c’était faire entendre deux cents ans d’avance la voie de la Révolution, qui est celle de la raison et des droits de la personne humaine ».

Comme le souligne Samuel Tomeï : « Castellion est un penseur pour l’avenir ».

Signalons l’existence d’un « Cercle Sébastien Castellion » fondé à Bourg-en-Bresse, en 1995, dont l’objet est la promotion du pluralisme des idées et de la liberté de conscience. Notons encore qu’une loge maçonnique du Grand Orient de France porte le nom de Sébastien Castellion la liberté de conscience.

Pascal Bajou

La lettre de l’IDERM mars 2016

Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques du GODF

Ouvrage: Sébastien Castellion (1515-1563) Penseur de la tolérance et de la liberté de conscience, par Christian Buiron avec le concours de Samuël Tomei, Ed. Théolib, 2015, 158 p.

Sébastien Castellion passe pour être une des plus belles figures du XVIe siècle. Cet humaniste, poète, helléniste, pédagogue, théologien, traducteur de la Bible, polémiste et pamphlétaire est un précurseur qui s’inscrit dans l’histoire de la pensée européenne. Son influence est telle que moult philosophes se sont  nourris de son œuvre comme Spinoza, Milton, Kant et bien d’autres sans s’y référer nommément. A la fin du XIXe siècle, Ferdinand Buisson fera sortir de l’oubli ce personnage en faisant, sur lui et son œuvre, une thèse monumentale de 1000 pages. Cette biographie historique paraît à l’occasion du 500e anniversaire de sa naissance. Elle fait découvrir un artisan de la tolérance et de la liberté de conscience dont les idées sont très avancées pour son temps à une époque de violence religieuse qui a des points communs avec la nôtre.

La Coquille, journal municipal Vandoeuvres (Suisse), N° 38, hiver 2015-2016

 

500e ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE SÉBASTIEN CASTELLION

Après le Jubilé Sébastien Castellion 1515 – 2015, qui s’est tenu à Vandoeuvres du 26 au 31 mai 2015, plus besoin de vous présenter l’illustre humaniste, traducteur, pédagogue, défenseur de la liberté de conscience, né à Saint-Martin-du-Fresne dans le pays de l’Ain, et qui vint pendant deux ans prêcher à Vandoeuvres. Une plaquette, richement documentée, rédigée par Monsieur Vincent Schmid, pasteur spécialiste du sujet, vous a été offerte par les autorités communales.

Les manifestations organisées ont permis de lui rendre l’hommage qu’il méritait, bien mieux que l’humble impasse portant son nom, sise au bord de la route de la Capite.

Une exposition thématique dans la salle des combles de l’école a retracé sa vie, son œuvre et son influence sur des auteurs de son temps aussi bien que sur ceux des siècles suivants.

Quatre conférences ont illustré différents aspects de sa pensée, tels que son apport philologique dans sa traduction de la Bible, ses éléments pour une théorie de la connaissance religieuse, sa conception des rapports entre Église et État, ou son acception des libertés de conscience et d’expression, vue à l’aune de ce XXIe siècle débutant.

Toute commémoration a son jour de gloire et, dans le cas présent, ce fut celui du dévoilement, sur le parvis du temple, d’un buste sculpté par François Bonnot, suivi d’un repas populaire sur la place du village. Le public a écouté les allocutions de Madame le Maire, Catherine Kuffer, du président du Comité d’organisation, Monsieur Vincent Schmid, et du sculpteur. Mais il a également été proactif en participant au forum organisé sur le thème de « la liberté de conscience et l’esprit de tolérance». En clôture, un culte radiodiffusé a été célébré dans le temple de Vandoeuvres.

La réalisation de cette semaine culturelle a demandé la mise en commun de forces, de moyens et de compétences dépassant largement le cadre strict de la commune. Se sont donc unis pour offrir cet ensemble de prestations à la collectivité, outre la commune et son personnel, celle de Thônex, la Commission culturelle de l’Église protestante unie de Savoie, le Centre de formation professionnelle nature et environnement de Lullier, de généreux donateurs et de nombreux bénévoles enthousiastes. Qu’ils trouvent tous ici l’expression de la plus vive reconnaissance des organisateurs.

Quant à vous, habitants de Vandoeuvres, des communes environnantes, voire de Suisse ou de l’étranger, vous avez été très nombreux à répondre présents et à participer aux diverses activités. Merci d’avoir accueilli si favorablement ce Jubilé Sébastien Castellion et d’avoir démontré par votre intérêt que la cause défendue par notre illustre humaniste n’était pas vaine, mais bien au contraire d’une brûlante actualité.

Pierre Schlaepfer

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Critica Masonica : Sébastien Castellion

 

CRITICA MASONICA – Etude Critique et Académique du fait maçonnique 09/12/2015

criticamasonica.over-blog.com

Alain Bellet

L’ouvrage de Christian Buiron (Sébastien Castellion (1515-1563). Penseur de la tolérance et de la liberté de conscience, éditions Théolib, collection « Libres pensées protestantes », 18 euros) nous dévoile l’œuvre, la personnalité et les combats difficiles de Sébastien Castellion, opposé durant des années aux chefs réformateurs de Genève. Jean Calvin et Théodore de Bèze refusent toute critique, toute conception déviante eu égard de leurs certitudes érigées en dogme, et accusent d’hérésie leurs contradicteurs.

L’homme, qui étudia à Lyon, fut d’abord humaniste, poète, pédagogue, traducteur de la Bible, helléniste et théologien. Il ne sera cité au fil des siècles que par quelques penseurs comme Montaigne ou Pierre Bayle, alors que ses idées et ses concepts seront présents chez Spinoza ou Kant.

Le plus souvent totalement méconnu et ignoré, sauf par son biographe Ferdinand Buisson écrivant à la fin du XIX° siècle, Castellion est un intellectuel du XVI° siècle, qui s’impose comme le défenseur farouche et le précurseur de la Tolérance. Il fut aussi le véritable concepteur de la liberté de conscience et le partisan infatigable d’une nécessité, la séparation totale de l’Église et du Magistrat, c’est-à-dire des pouvoirs en place.

Sous la plume de Christian Buiron, Castellion occupe la posture de l’avant-garde dans l’histoire feutrée de la pensée moderne. Il joue l’éclaireur contre l’obscurantisme et l’assujettissement des peuples du fait des pratiques religieuses dominantes.

En nous entraînant dans l’Europe bousculée qui vit surgir les réformes luthérienne et calviniste, Christian Buiron s’offre un recul nécessaire pour comprendre et combattre ce que viennent de vivre durant l’année 2015 nos sociétés démocratiques. Face aux assassinats monstrueux ensanglantant la planète entière commis au nom d’une lecture singulière de l’Islam, les réflexions maturées il y a si longtemps connaissent une étonnante résonnance, quatre cent cinquante ans après l’existence de leur fondateur.

Convaincu qu’une église ne doit pas forcer les consciences, l’homme qui s’était réfugié à Bâle pour échapper à la fureur de Calvin et à ses sergents dévoués, affirmait « les droits de la Raison » et reconnaissait « les bienfaits du doute contre tous les dogmatismes ». Il exigeait le pacifisme comme comportement moral et social, enfin il désignait les puissants de son temps, docteurs de la foi ou hommes de pouvoir, comme les principaux responsables des conflits meurtriers.

« Face au retour de la violence religieuse, aux pratiques barbares, à la négation du principe d’humanité, aux châtiments infligés et à la destruction de la culture d’autrui », Christian Buiron puisse dans l’œuvre et la vie même de Castellion des réponses que les Lumières popularisèrent et développèrent plus d’un siècle après lui. En effet, la pensée du libre-penseur bâlois précède la philosophie des Lumières, notamment pour affirmer la nécessité impérieuse de la tolérance, de la liberté de conscience trente ans avant l’édit de Nantes, enfin la séparation nécessaire du religieux et du politique.

Après avoir été proche de Calvin, l’humaniste, qui voulait devenir ministre de la foi protestante après avoir été le fondateur d’une pédagogie nouvelle pour les enfants de Genève, va théoriser et analyser la conduite du maître de la Réforme face à la question récurrente de l’hérésie et la manière pour la moins brutale dont le fondateur du calvinisme a répondu à l’opposant « hérétique » Michel Servet. Le chef huguenot n’a pas choisi une autre voie que celle que pratiquait l’Inquisition catholique en poursuivant Servet jusqu’au bûcher. L’homme sera mis à mort et ses ouvrages réduits en cendres ! Castellion dénonça la confusion du religieux et du pouvoir politique. Il n’admettra jamais de se plier aux diktats d’un des pères du protestantisme français. Profondément croyant et protestant, l’auteur de nombreux ouvrages et pamphlets s’attaqua avec une conviction courageuse à celui qui érigeait sa vérité comme « La Vérité », celui qui croyait mais qui s’arrogeait le droit de Dieu de mettre à mort qui le dérangeait ou le contredisait, celui enfin qui voulait imposer aux protestants le dogme de la prédestination, c’est-à-dire le choix de Dieu de sauver tel et tel ou de réserver l’enfer à tel autre. Pour Castellion, les idées se combattent par des idées et non par le glaive du plus fort ou du plus habile manipulateur des consciences. L’hérésie se combat par la conviction, l’écrit ou la joute oratoire, non par les flammes.

L’auteur de cet essai passionnant dévoile le chemin sans faute de ce penseur des Temps modernes qui exigea la séparation des pouvoirs, plaida pour la libre conscience tout en s’appliquant à traduire en français les « Saintes écritures » pour que le plus grand nombre de croyants les découvrent, s’opposant ainsi au clergé romain et aux maîtres de la théocratie genevoise qui continuaient à publier leurs textes et leurs thèses religieuses et philosophiques en langue latine.